Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande Photographe
Photographe à Bordeaux, spécialisé dans l'architecture et le paysage, c'est avec un grand plaisir que j'ai accepté la proposition de PIXEDO de tester la version Blackstone du 15mm. Merci encore à toute l'équipe pour sa confiance et sa passion. Je ne vais pas reprendre à travers ce test tout ce que l’on trouve sur le site Irix, concernant la fabrication, mais plutôt me concentrer sur le côté « terrain ». En effet je ne suis ni un spécialiste, ni un ingénieur.
Si vous suivez un peu l’actualité photo sur le web, vous avez sûrement entendu parler de la marque Coréenne IRIX, commercialisée par la firme Suisse « TH Swiss ». La collaboration « discrète » compte bien s’attaquer aux plus grands. Et on peut dire qu’elle arrive en force avec deux objectifs ultra grand angles qui paraissent par leur design et leurs caractéristiques très prometteurs.

Leur principal atout : le rapport qualité prix 

A ce jour IRIX présente deux objectifs et deux finitions. Le 11m F/4 et le 15mm F/2.4 en version Firefly et Blackstone.

La version Blackstone est un peu plus lourde mais bénéficie d’une meilleure finition.

Fût en magnésium et aluminium.
Plusieurs joints d’étanchéité pour la tropicalisation.
Bague de mise au point en métal.
Emballage étui.
Résistant aux rayures.
Inscriptions fluorescentes sur l’objectif  (option pratique pour les photos de nuit – A vérifier)

 Formule optique : 15 lentilles en 11 groupes
 Dimensions : 100 x 114 mm
 Poids : 685 g (pour Nikon)
 Blocage de la mise au point : Oui
 Echelle de distance hyperfoclae : Oui avec un clic infini qui permettra de trouver rapidement cette valeur sans regarder.
 Distance minimale de mise au point : 0,28 m
Diamètre filtre : 95 mm
 Auto-Focus : Non
 Stabilisateur : Non
 Joint d’étanchéité : Oui
 Accessoires : Etui, pare-soleil, bouchons
Fabrication : Corée
Monture : Canon, Nikon

 

La marque développe d’autres produits que vous pouvez découvrir sur le site partenaire PIXEDO :
Filtres UV Filtres Polarisants Filtres ND Kit de filtres ND gélatines

« Pour information le kit de filtres ND est spécialement conçu pour s’adapter avec les 11 et 15 mm de la marque, chacun dotés d’un porte-filtre au niveau de la baïonnette. » 

LE CONTENU

CARTON D'EMBALLAGE
BOITE MÉTALLIQUE
HOUSSE DE PROTECTION
OBJECTIF AVEC UN CAPUCHON
DEUX CAPUCHONS ARRIÈRES
NOTICE
GARANTIE

LA BOITE

A la réception du colis j’ai d’abord été surpris par la taille du carton. Eh oui il est petit et pas très lourd. Une fois ouvert la surprise est de taille par contre. Une belle boite en métal signée « IRIX » affiche déjà leur savoir-faire en terme de packaging. Le dessin à taille réelle (je pense) représentant l’objectif est très bien réalisé. Il y a un bel effet de brillance et de texture. A l’ouverture on se sent de suite rassuré pour la protection de l’objectif. Une housse qui donne une sensation de Néoprène et moulée à la forme de l’objectif est du plus bel effet et se révèlera pratique lors du transport.

L'ÉTUI

Quel plaisir de toucher cette matière enrobant l’objectif et de découvrir cette belle finition. Les coutures sont très bien finies et la fermeture paraît adaptée au système même si je suis surpris de ne pas voir la norme YKK signe distinctif de qualité. Tout cela à vérifier dans le temps bien évidemment.
Je ne sais pas si cet étui sera pratique à l’usage à transporter dans son sac.

L'OBJECTIF

L’extraction de l’objectif de son étui est très rapide. Il n’est pas très grand et son poids de 653g est raisonnable. On n’a pas l’impression d’avoir un jouet entre les mains.

Le poids est différent selon la finition mais aussi entre la marque Canon et Nikon. Pour l'instant le fabriquant ne propose pas d'autres marques.

Le fût est assez court avec des inscriptions utiles pour le calcul de la mise au point. Car rappelons le, cet objectif n’a pas d’autofocus, ce qui signifie que vous devrez faire la MAP (Mise Au Point) manuellement. La marque a pensé à tout pour vous aider en créant une bague dédiée au blocage de celle-ci, ce qui vous évitera toute mauvaise manipulation et de perdre la map accidentellement. Vous ne trouverez pas non plus de bague d’ouverture, car celle-ci ce contrôle directement à partir de l’appareil photo grâce aux contacts électroniques situés sur la base de l’objectif.

La lentille frontale n’est pas du tout imposante et surtout elle ne dépasse pas de l’objectif, ce qui a l’avantage de pouvoir y positionner un capuchon classique et de ne pas avoir peur de rayer la lentille. C’est une belle surprise pour cet ultra grand angle. Pour couronner le tout cela permet de pouvoir fixer des filtres vissants circulaires facilement sans passer par un système adapté même si le diamètre de l’objectif est de 95cm.

Le pare-soleil en forme de pétale se positionne et se retire très facilement. Une petite fenêtre sur le côté permet de régler votre filtre UV, polarisant ou ND. Sûrement très pratique mais je n’ai pas de filtre circulaire de ce diamètre pour tester.

PRISE EN MAIN

Au toucher, l’objectif est très agréable. Si vous décidez de garder la pare-soleil sur l’objectif, le fait qu’il soit retourné ne vous facilitera pas la prise en main car il arrive pratiquement à moitié de la taille de l’objectif. Il faudra jouer avec la forme pétale du pare-soleil pour arriver à passer vos doigts. C’est là que l’on voit que l’objectif n’est pas très grand avec ses 100mm.
Petite précision, le pare-soleil peut se mettre dans les deux sens car il n’y a pas de système qui vous en empêche. Cependant je vous conseille de rester dans la logique de sa position sinon vous verrez apparaître les bords de celui-ci sur vos images.

La bague de mise au point est très souple et fluide. Elle a la largeur d’un doigt ce qui est parfait. La seconde bague beaucoup plus petite pour bloquer ou débloquer la mise au point est elle plus difficile à utiliser même si les ingénieurs ont pensé à la bomber. Elle est à mon goût trop fine et trop proche de la lentille. Il vous faudra bien maintenir votre objectif pour arriver à la tourner sans faire tourner en même temps la bague de mise au point. Une petite tirette positionnée sur le caoutchouc de la bague aurait été plus agréable à utiliser.

TEST TERRAIN

Sur le papier la marque promet un piqué excellent et un minimum de distorsion. Qu’en est-il en réalité ?
L’objectif est monté sur un Nikon D810. Habitué à mes points de repères (blancs) pour caler l’objectif et l’enclencher j’ai été perturbé la première fois car je n’ai pas trouvé de repère au début. Je dis au début car je ne sais pas si c’est le repère (à vérifier chez canon) il y a un point blanc indiqué au niveau du texte « Neutrino Coating » qui m’a servi de repère. Et pour ceux qui se posent la question de ce que cela veut dire, l’objectif est traité de sorte à obtenir un image naturelle et contrastée tout en réduisant les reflets indésirables. (source site Irix)
Voici l’objectif monté sur le Nikon D810. Assez compact et visuellement très design.

Voici une série d’images réalisées à différentes ouvertures. Le avant / après montre la photo sans correction d’objectif et avec correction d’objectif. La première image a été faite à F/2.4, la seconde à F/4, la troisième à F/8, la quatrième à F/11 et la dernière à F/16 à iso 320. Vous pourrez remarquer que la correction d’objectif améliore la photo mais ne fait pas tout. En effet la distorsion est encore présente à mon goût. Nous y reviendrons un peu plus loin. Le vignetage est très présent à pleine ouverture et je trouve que si on ne sur-expose pas toujours un peu il reste visible.
IRIX 15mm F/2.4

IRIX 15mm F/4

IRIX 15mm F/8

IRIX 15mm F/11

IRIX 15mm F/16

LE PIQUÉ
C’est toujours une notion délicate mais je trouve que dès sa pleine ouverture, à F/2.4, l’objectif procure un rendu uniforme en terme de piqué tant au centre que sur les bords. Je suis agréablement surpris car avec mon Nikon 16-35 F/4 je n’ai pas le même résultat à pleine ouverture. Nous verrons cela un peu plus loin. A partir de F/11 l’objectif  est vraiment meilleur. Je vous laisse par vous-même vous faire votre idée.
Voici cinq photos recadrées à 100% dans les bords. Aucune correction n’a été effectuée mise à part celle de l’objectif et l’aberration chromatique.

F2.4

F/4

F/8

F/11

F16


Les cinq prochaines images ont été recadrées à 100% au centre. Aucune correction n’a été effectuée mise à part celle de l’objectif et l’aberration chromatique.

F2.4

F4

F8

F11

F16

COMPARATIF
Nous venons de voir que l’Irix produit des images assez uniformes avec un piqué présent dès la pleine ouverture F/2.4 et même sur les bords de l’image. Le Nikon 16-35 F/4 que j’utilise principalement ayant un point faible à ce niveau j’ai souhaité faire un petit test pour mieux me rendre compte.
Comme vous pouvez le constater sur les images l’Irix s’en sort plutôt bien avec un piqué léger mais général alors que le Nikon semble avoir un léger flou sur les bords. Certes le piqué est à mon sens plus marqué sur le Nikon mais à F/4 l’Irix s’en rapprochera.


LA DISTORSION
Pour cet UGA elle est peu présente avec un effet barillet léger sans avoir appliqué le paramètre de la correction d’objectif. Le fait de l’appliquer amène à l’image un meilleur rendu en supprimant le vignetage et l’aberration chromatique mais la distorsion à mon goût est encore présente avec un effet de coussinet apparent surtout quand on est à faible distance de son sujet.

L’ABERRATION CHROMATIQUE
Comme vous pouvez le constater sur l’image elle est vraiment infime sans avoir appliqué le paramètre de la correction d’objectif.  J’ai fait plusieurs tests et il est pratiquement impossible de le prendre en défaut sur ce terrain. Le revêtement spécial neutrino (neutrino coating) joue parfaitement son rôle. Un très bon point. Je suis vraiment impressionné.

Si vous utilisez un logiciel de catalogage et de traitement de l’image tel que Lightroom, sachez qu’à l’heure où j’écris ces lignes Adobe n’a pas mis à jour la correction d’objectif. Malgré tout Irix a anticipé. Vous pourrez donc bénéficier de la correction d’objectif en l’installant vous-même. Pour cela vous pouvez suivre ces liens qui vous guideront.
Lien pour télécharger les profils : ici
Lien de la vidéo pour installer le profil de correction : ici
Après quelques tests généraux voici des photos réalisées avec cet objectif.

CONCLUSION

Je trouve que cette optique bénéficie d’une construction soignée et de qualité pour un tarif abordable. Il y a quelques points négatifs mais si vous cherchez un UGA de qualité avec un très bon piqué, l’Irix répondra je pense à vos attentes. Toutefois après cette petite expérience je vous conseille de toujours sur-exposer vos images car sinon le vignetage sera plus ou moins présent rapidement. Et si vous n’avez pas l’habitude de travailler sans mise au point automatique n’hésitez pas à utiliser le liveview de votre appareil et à zoomer à 100% pour affiner votre réglage.

Design
Ergonomie
Finition
Piqué dès la pleine oiuverture
Verrouillage de la MAP et clic infini  (à ma connaissance aucune marque le propose)
Faible distorsion
Peu d’aberration chromatique
Possibilité d’utiliser des filtres circulaires et des filtres gélatines
Contacteurs qui permettent de contrôler l’ouverture sur l’appareil
Tarif

Système de blocage de la MAP mal étudié
Vignetage très présent à faible ouverture
Effet barrilet visible à faible distance
Marquage fluorescent ( il faut avoir une lampe infra-rouge pour le voir)