Comment te décrirais-tu ?
Un autodidacte. Je ne suis pas quelqu'un qui apprend dans les livres, j'apprends par l'image. Chaque fois que je découvre quelque chose c'est pareil : j'observe, j'essaie de reproduire, j'apprends. J'aime beaucoup la nature, les paysages marins, je suis très sensible aux odeurs, aux lumières, je suis attentif à l'empreinte de l'humain sur et dans le paysage. La photo c'est partager quelque chose avec les autres tout en leur parlant de moi, d'une partie de moi.
Pourquoi la pose longue ?
La première fois que j'ai découvert ce style de photo ç'a été « waouh ! C'est quoi ça ?» je n'avais jamais vu l'eau sous cette forme, comme si elle était là sans être là, un enchantement ! Alors comme à chaque fois : je découvre, j'apprends, je fais, je refais, et puis j'épure, j'épure, je voudrais aller au bout de l'abstraction, de la perte des repères. La pose longue c'est comme un autre visage du paysage, comme un voyage dans l'irréel. Et pourtant on part bien de la réalité, elle est là mais on en fait autre chose. On s'en va dans un autre univers et on emmène les autres aussi. Très vite je me rends compte que je n'ai pas envie de faire de la pose longue comme tout le monde.
Est-ce que tu penses que la pose longue t'a permis de franchir un cap ?
Oui je me sens au commencement de quelque chose. Mon travail n'est pas encore abouti, c'est une partie de moi mais ce n'est pas encore moi. Je cherche encore. Je me cherche encore dans la photo.